Encens Serghina et Oud : une tradition olfactive du Ramadan au Maroc

Encens Serghina et Oud : une tradition olfactive du Ramadan au Maroc

Pendant le mois sacré du Ramadan, au Maroc, la spiritualité ne se vit pas uniquement à travers le jeûne et la prière, mais aussi par les parfums qui enveloppent la maison et l’âme. Parmi eux, l’encens serghina et l’oud occupent une place centrale, profondément ancrée dans la tradition et la culture marocaines.

La serghina : protection, purification et mémoire ancestrale

La serghina est une résine naturelle au parfum intense et puissant, utilisée depuis des siècles dans les rituels familiaux. Durant le Ramadan, elle est brûlée notamment :

  • avant l’iftar, pour purifier l’espace

  • le vendredi ou lors des nuits sacrées, comme geste de protection

  • dans les maisons, pour éloigner les énergies négatives et favoriser la sérénité

Son arôme profond et mystique évoque des gestes transmis de génération en génération, souvent accompagnés de prières silencieuses ou d’invocations.

L’oud : le parfum du sacré et de l’hospitalité

L’oud, bois précieux et rare, est considéré comme l’un des parfums les plus nobles du monde oriental. Au Maroc, pendant le Ramadan, il est allumé :

  • pour accueillir les invités avant ou après l’iftar

  • lors des soirées de prière, afin de créer une atmosphère recueillie

  • pour parfumer les vêtements et les intérieurs, symbole de respect et de générosité

Son sillage chaud, profond et enveloppant accompagne les moments de partage en famille, transformant la maison en un lieu à la fois sacré et chaleureux.

Un rituel qui va au-delà du parfum

Brûler la serghina et l’oud n’est pas un simple geste olfactif : c’est un rituel identitaire, une manière de ralentir, de se recentrer et de vivre le Ramadan avec plus de conscience. La fumée qui s’élève lentement devient un lien entre le visible et l’invisible, entre le quotidien et le spirituel.

Une tradition toujours vivante

Aujourd’hui encore, malgré la modernité, de nombreuses familles marocaines perpétuent ces rituels. Qu’il s’agisse d’un riad ancestral ou d’un intérieur contemporain, l’encens demeure un symbole de continuité culturelle, un langage silencieux qui parle de foi, de foyer et d’appartenance.

Pendant le Ramadan, au Maroc, le parfum n’est pas seulement un plaisir : il est mémoire, spiritualité et partage.